L’HISTOIRE DU HIPHOP EN FRANCE

SOULSONIC FORCE

La France et son passé musical pas très brillant, composé généralement de douteux chanteurs de Rock qui reprenaient les tubes américains, partait avec un sacré handicap en matière de musique. Malgré quelques brillants auteurs, compositeurs et interprètes, la France « franchouillarde » allait accuser un retard avant de se mettre au diapason de la Soul et du Funk, qui font malgré tout leur apparition en France dans les années 70 grâce à quelques pionniers et groupes.
En 1979, Sidney, musicien, collectionneur de disques de Funk est DJ à l’Emeraude Club, une boîte afro-antillaise à Paris. Il entend pour la première fois du rap avec Sugar Hill Gang mais c’est quand Planet Rock sort qu’il accroche à la culture Hip Hop et l’ajoute à la tradition funk qui l’accompagne, avec son groupe « Black White and Co ».

En 81 et 82, quand les radios libres apparaissent, le Hip Hop se fait une place sur les ondes, DJ Dee Nasty anime une émission sur la radio Carbone 14. Sydney se voit proposer une tranche horaire sur Radio 7 et anime : Rapper Dapper Snapper.

Ce nouvel univers culturel importé des USA va trouver échos dans l’univers urbain français. En novembre 1982, le New York City Rap Tour, amène à Paris, à l’hippodrome de Pantin, puis au Bataclan et au Palace, Afrika Bambaataa, DST, Futura 2000, le Rock Steady Crew, Fab 5 Freddy, et bien d’autres encore, qui viennent performer live. Cette tournée, parrainée par la radio Europe 1, permet à une génération de jeunes français de découvrir le Hip Hop.
La danse sera l’élément le plus important de la genèse du Hip Hop français, parmi les danseurs à l’époque : Noël, Patrice et quelques autres poseront les premières pierres au développement de la danse Hip Hop en France. Le Bataclan était le lieu où une partie de la scène Hip Hop se retrouvait orchestrée par les platines de DJ Chabin et autour des défis de danse. Parmi les groupes qui se formèrent on comptait les Paris City Breakers, les Street Kids et Actuel Force, avec des danseurs tels que : Solo, Franck le Breaker Fou, Scalp, Willy, Nicolas, Joey, Shen, Gabin, Bouda. L’esplanade du Trocadero devint le lieu de rendez-vous des breakers.

En 1984, remarqué par TF1, Sidney se voit proposer l’animation d’une émission de télé consacrée au Hip Hop, qui s’appela en toute logique : « HIP HOP ». Cette émission, la première émission télé au monde, dédiée à cette culture, sera un succès énorme auprès des jeunes, Sidney y reçoit des invités américains et y donne des cours de danse, que le phénomène de mode de l’époque appelait Smurf. Le mot smurf désigne le style de danse electric Boogie. Aux USA, certains danseurs étaient appelés « Smurf » en raison du gros bonnet qu’ils portaient sur la tête qui les faisait ressembler à des Schtroumpfs (Schtoumpfs se dit en anglais : « Smurf »).

Le Hip Hop est alors perçu comme un phénomène de mode, et des gens extérieurs au microcosme Hip Hop s’intéressent à ces jeunes qui tournent sur la tête, leur faisant miroiter un semblant de star système. Mais le succès massif de cette émission conduira paradoxalement à l’arrêt de sa programmation, Sidney et son équipe voulant faire un show plus important. À la rentrée suivante, Sidney, propulsé en couverture des magazines, revient avec une nouvelle émission, mais cette fois la programmation est trop influencée de variété et l’esprit originel a disparu, le succès n’est pas au rendez-vous et tout s’arrête. Le phénomène de mode du « smurf » disparaît, seuls les inconditionnels poursuivent le chemin du Hip Hop en France.

Bambaataa et la Zulu Nation joueront un rôle important dans l’arrivée et le développement du Hip Hop dans l’hexagone. Plus tard Queen Candy créera la Zulu Letter, le premier Fanzine Hip Hop. A la fin des années 80, la branche française de la Zulu Nation sera la plus importante après celle du Bronx, mais des problèmes interne au mouvement Hip Hop et l’acharnement des médias aura raison de la Zulu Nation en France.

En 1984, Dee Nasty sort le premier disque de rap français : « Panam City Rappin » un 6 titres mêlant sonorités rap et funk. Sur ce disque Dee Nasty produit, scratch et rap en français. La scène rap se limite alors à quelques individus tels que : Richy, Johny Go, Destroy Man et Lionel D, les premiers à rapper en français.

L’évolution du mouvement en France passe par la prise d’importance du Graffiti et du Tag. Le terrain vague de la Chapelle (entre les métros Stalingrad et la Chapelle sur la ligne 2) découvert par les BBC (Bad Boys Crew) composé des graffeurs Jay, Skki, Ash2 et Slaze, deviendra le lieu clef du mouvement Hip Hop qui se retrouvera fédéré autour des platines de Dee Nasty, DJ Jo ou encore DJ Max.

En graffiti, les crews se forment sur Paris : les PCP (Paris City Painters) puis Force Alphabetique avec Blitz, Spirit et Asphalt, Roots Rock Crew, PAW (Police Against Writers) avec Bando, Muck, Boxer et Sheek des TCG (The Crime Gang) composé aussi de Kaze et Dozer; FBI (Fabulous Bomb Inhability) avec Darco, Gawky, Loomit ; KOP (Kontrol Of Paris) : Joey et Meo qui rejoindra plutard au côté de Mode 2, Colt et Bando le crew 156 de Jonone.

Dans les années qui suivront une multitude de réunion de graffeurs et crews verront le jour, en 87 MKC (Mafia Killer Crew) regroupe Bust, Dozer, Sheed 16 ; B.O.S. (Boss Of Scandalz) regroupe les TCG (Dozer, Kaze et Sheek) et les BBC (Ash2, Skki, Jay 1) ; en 88, CIA (Criminal In Action) regroupe Angel, Shoe, Bando, Muck, Seen. Parmi ces crews il y aura également dès 88 : 93MC (93 Mafia Crew) avec Kea, Mode 2, Fame, March, Mao, puis NTM (Nique Ta Mère), OBK (Old Boy Krew), TOP (The Old Paris), etc, etc, etc… Le Métro, les lignes de trains, les quais de seine, les hangars et les murs de la région parisienne, rien n’échappe à la déferlante Graffiti, Panam est massacrée !!

 

Retour en 86, année au cours de laquelle Johny Go et Destroy Man sortent leur premier maxi 2 titres : « Egoïste/On l’balance ».

La même année Daniel ouvre le magasin Ticaret rue du Château-Landon à quelques pas du terrain vague. Il y vendra sapes, disques et accessoires jusqu’à la fermeture au milieu des années 90.

 

Après que le terrain vague est été repris en main par ses propriétaires officiels, le Globo avec ses soirées « Chez Roger boîte Funk » devint le lieu de rendez-vous des B-Boys parisiens, avec Dee Nasty aux platines.

C’est alors les débuts d’une scène rap française plus large, avec la formation de groupe tels que : Assassin : Rocking Squat, Solo, DJ Clyde ; Timides et sans complexes : Doudou et Joël ; Nec + Ultra : Richy, Noël et Sheek (Human Beat Box) ; NTM : Kool Shen, Joey Starr, DJ S ; IZB MC’s (Incredible Zulu Boys) : Crazy JM et Angelo ; Lionel D ; Iron ; Shooz ; Saxo ; Fat (Human Beat Box), et tout le Mouvement Authentik qui venait de la banlieue sud de Paris : New Generation MC’s (Juan Marco, Double P, Roger, DJ Faster Jay), EJM, Sulee B, Destinée, Saliha…

 

En 88, Johny Go et Destroy Man sortent leur second maxi : « J’en ai assez », Nec + Ultra sortent « Je Rap » et DJ Jo collabore avec les DMX Boys. Fin 88 Dee Nasty et Lionel D animent l’émission Deenastyle, sur Radio Nova, et c’est là que le Hip Hop va se diffuser plus largement à travers les ondes et les cassettes enregistrées de l’émission. Tous les rappeurs et groupes encore plus ou moins connus aujourd’hui, sont passés par cette émission : MC Solaar, EJM, NTM, Assassin, Sage poète de la rue, Little Mc, Fabe, Criminal Posse (Sléo)…

St Denis, en banlieue Nord de Paris, fut un pôle de développement considérable pour le Hip Hop, mais chaque ville faisait naître ses rappeurs et son crew : Sarcelle, avec le Ministère Amer (Stomy B, Kenzy, Passi, Ghetch, Moda) et la Secte Abdulaï ; Vitry, Chatillon et les autres villes du sud de Paris avec le Mouvement Authentik. Les 18e et 19e arrondissements de Paris devinrent aussi des quartiers stratégiques pour le Hip Hop. Parallèlement, à Marseille, le posse B. Vice se forme, et le noyau dur du Hip Hop marseillais se met en place autour des anciens : Chill, Shurik’n et le groupe IAM qui sortiront leur première cassette auto produite « Concepts » en 89.

Cette même année, EJM rappeur de Vitry sort « Nous vivons dans une ère de violence ». Rapsonic (Big Red et Crazy B) sortent « Vas-y mets la dose ».

En 90 Lionel D sort « Y’a pas de problème », Ministère AMER le maxi : « Le savoir est une arme », puis le rap français poursuit l’aventure discographique, avec la sortie de la compilation Rapattitude et le tube qui en sera issu : « Peuples du monde » signé par le DeeJay Raggamuffin Tonton David. Figure également sur cette compilation : Assassin, Saliha, Saï Saï, Dee Nasty, Alarme (futur Democrate D), Suprême NTM, Daddy Yod, EJM et New Generation MC’s.

Suivent ensuite les premières traces discographiques de NTM, Solaar, Assassin, IAM… et c’est la fin de toute une époque.

 

En 1994, des structures se mettent en place, des labels indépendants se créent et des groupes commencent à s’auto-produire à l’image de La Cliqua et du label Arsenal Records. Des rappeurs comme Fabe, Sléo, Democrates D, Sages Poètes de la Rue, AS, Ideal J, constituent la scène active du rap français au côté de ceux qui constituent la grosse partie du marché : Solaar (qui a réussi le crossover qu’on lui connaît), NTM et IAM. Cut Killer participe à l’introduction des MixTapes en France, avec ses classiques séries de cassettes mixées. Des fanzines comme Get Busy, Down With This ou encore Yours voient le jour et sont distribués dans les boutiques Hip Hop. Quelques petites radios indépendantes diffusent du rap et promeuvent la scène underground en offrant des tranches horaires pour les émissions Hip Hop.

Durant ces années, la culture Hip Hop s’est répandu au quatre coin de la France, attirant de plus en plus de jeunes. En intéressant davantage les maisons de disque, le rap français continuera alors son ascension en popularité au détriment de son intégrité, jusqu’à sa sur commercialisation et sa récupération par les médias, comme à leur habitude peu scrupuleux vis-à-vis de leur proie.

La danse connaîtra une longue période creuse, mais des inconditionnels ont su maintenir le flambeau et le niveau n’a cessé d’augmenter en attirant toute une nouvelle génération de danseurs et danseuses. Le graffiti lui aussi a vu naître dans les années 90, de nouveaux groupes et de nouveaux styles, et malgré la répression, continue de colorer l’univers urbain à Paris et dans toutes les villes de France.

L’histoire du Hip Hop continue de s’écrire tous les jours, aux quatres coins du monde… Les jeunes hommes et femmes, bien inspirés du Bronx dans les années 70, ont donné naissance à un phénomène multiculturel mondial et universelle qui a lui-même révolutionné toutes les formes artistiques contemporaines (musique, danse, peinture).Cet aperçu de l’histoire du Hip Hop, bien qu’assez complet, ne se veut pas exhaustif, et il ne pourrait de toute façon pas l’être, il n’a pour seul but que d’éclairer un peu l’histoire du mouvement Hip Hop.Les informations rassemblées ici doivent profiter au quotidien à chacun car, beaucoup sont la clé à une juste compréhension de la culture Hip Hop et de sa musique, loin de la lumière médiatique qui pourrait faire croire à certain que le Hip Hop est né au milieu des années 90, et qu’il ne se résume qu’à certaines apparences, qu’à une certaine attitude de lascar et qu’à certains signes extérieurs de richesse. C’est dans cette optique que j’ai voulu insister plus particulièrement sur les idéologies qui ont accompagné la création du mouvement, et quelles étaient les inspirations et intentions des principaux acteurs et créateurs du Hip Hop dans leur démarche.Mais parler de l’histoire du Hip Hop c’est aussi faire hommage à ceux qui ont été les acteurs de cette culture depuis le début, ceux sans qui le paysage musical actuel ne ressemblerait en rien à ce qu’il est aujourd’hui, ceux qui n’ont jamais touché aucun salaire pour leur génie créatif, alors que de nos jours le rap brasse des millions de dollars à travers le monde et permet à certaines personnes de vivre de leur passion : le Hip Hop.Cet article est donc naturellement dédicacé à tous ceux dont le nom a été cité en gras dans le présent article, tous ceux qui n’ont pas été cité mais qui ont participé au Hip Hop d’une façon ou d’une autre et qui nous ont légué cette culture en héritage, et à tous ceux qui sont décédés, connus ou inconnus, pour l’amour du Hip Hop qu’il repose en paix.Peace out et comme on dit: Keep It Real Hip Hop Story
par Ben « Gee »
Remerciement à Marie-Pierre pour sa relecture
et à Sheek pour ses documents
Sources iconographiques :
- Poster des New York City Breakers, Courtesy Street Sound issu du artpress Hors Série de décembre 2000.
- Photos Afrika Bambaataa, Grand Master Flash, Rodney Cee et Fab 5 Freddy, Melle-Mel, Courtesy Patricia Bates, publié dans Rap Attack par David Toop, Serpent Tail.
- Affiche Kool Dj Herc, Rammell Zee, etc… parut dans Rap Attack par David Toop, Serpent Tail.
- Photo de H. Rap Brown, par Marion James Porter, Courtesy of Eric Waters Collection
- DJ dans la rue, Courtesy Henry Chaflant
- Graffs Skeme, Dondi et wagon, Courtesy Henry Chaflant
- Graffs Zephyr, Lee : www.zephyrgraffiti.com
- Graffs Seen : www.seenworld.com
- Photos du terrain vague de La Chapelle, Tags et scans de la Zulu Letter : Sheek
- Photo de Ticaret issu de Down With This N°6 1995
- Lettrage Ticaret par BBC : scan d’un Tee-Shirt
- Tous les scans des pochettes : Courtesy Ben Gee’s Records Collection.
Autres Sites à consulter
- Sheek – http://perso.club-internet.fr/psysheek
- Zephyr – http://www.zephyrgraffiti.com
- Seen – http://www.seenworld.com
- Futura 2000 – http://www.futura2000.com
- BBC – http://www.badbbc.com
- At149st.com (Graffiti) – http://www.At149st.com/history.html
- Rocksteadycrew – http://www.rocksteadycrew.com
- Goodka – http://www.goodka.com
- Davey D – History of Hip Hop
- Wild Style – http://wildstylethemovie.com
- Style Wars – http://www.stylewars.com

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La Disco

Le disco est un genre musical apparu au milieu des années 1970 et qui s’est développé jusque dans les années 1980.

Mais ce genre est toujours apprécié par les fans et de nombreux tubes disco sont diffusés et remixés depuis les années 2000.

Le disco est le résultat d’un mélange de funk, de soul, de pop et de musique latino-américaine, enrichi par de nouveaux instruments, les synthétiseurs. Les pionniers en ont été les réalisateurs artistiques Gamble & Huff et leur Philly Sound, ainsi que Barry White.

Le disco est né d’une stylisation du son de Philadelphie adaptée au marché blanc (les trois-quarts du marché aux États-Unis), et à un nouveau mode de vie, celui des discothèques. Les discothèques s’intègrent dans un mode de vie, qui se généralisera par la suite à toutes les couches de la société: c’est des jeans 501, des Ray-Ban, du bandana, du «jogging», des anneaux en or et des Nike -prononcées «naïqui».

Ce style à l’origine, est caractérisé par un rythme binaire très entraînant (autour de 130 battements par minute), martelé par la grosse caisse à chaque temps de la mesure 4/4, idéal pour danser. C’est à New York en discothèque (notamment au mythique Studio 54) et grâce aux radios que le Disco démarre et triomphe. Ensuite des groupes comme Chic ou Village People se produiront sur des grandes scènes, à l’image des artistes rock et funk qui les ont précédés.

La première moitié des années 1970 est celle de la période de clandestinité du disco. On peut faire commencer le disco en 1972 à Philadelphie avec la reprise que Billy Paul a faite de «Your song» d’Elton John. S’il est vrai que l’on retrouve des éléments qui feront partie du disco dans la seconde partie de cette chanson de 6 minutes 30, il n’empêche qu’elle reste plus une ballade soul à la sauce Philadelphie dans son ensemble. Le naissance du proto-disco a plutôt lieu en 1973 avec «Love’s theme», morceau non-chanté du Love Unlimited Orchestra (nº1). Cette même année sort aussi «Soul makossa» de Manu Dibango. En 1974 trois titres font date : «Rock your baby» de George McCrae, «Rock the boat» de The Hues Corporation et surtout «Never can say goodbye» de Gloria Gaynor. Dans leur sillage on trouve «You’re the first, my last, my everything» de Barry White et «Doctor’s orders» de Carol Douglas. Apparaît aussi le personnage-clé du remixeur comme Tom Moulton qui a remixé des milliers de titres et qui est à l’origine de plusieurs innovations comme la version allongée et les chansons mixées en continu (ce qu’il a fait avec «Honey bee», «Never can say goodbye» et «Reach out I’ll be there» sur le premier album de Gaynor). Ceci l’a aussi amené à créer le format du «12″ single», maxi 45 tours ou maxi 33 tours.

En 1975 le disco mord encore un peu plus dans les classements surtout grâce à Donna Summer («Love to love you baby»), KC and the Sunshine Band («That’s the way (I like it)») et Van McCoy («The hustle»). Gloria Gaynor continue son ascension et est couronnée reine des discothèques tandis que les Trammps deviennent une valeur sûre dans le monde de l’underground. 1975 est aussi l’année de «Jive talkin’», premier hit des Bee Gees relookés et des groupes de studio comme Silver Convention («Fly Robin fly»). À partir de 1976, le disco fait partie du paysage, sans encore se démarquer complètement du R&B, surtout que la Motown commence à faire irruption sur le marché du 12″. En 1977, cette tendance R&B, dans laquelle s’inscrivent de nouveaux venus comme Chic est complétée par une apparition massive du disco électronique dont le meilleur exemple est «I feel love» de Donna Summer. Enfin le disco connaîtra une explosion sans précédent dans l’histoire de la musique avec le film Saturday Night Fever joué pour la première fois le 14 décembre 1977 (classé 24 semaines au top avec plus de 25 millions de ventes et 15 millions pour sa cousine Grease). Cet immense succès fera d’ailleurs de l’année 1978 l’année où tous les records en matière de vente de disques ont été battus.

Le succès du disco est tel que, très vite, des chanteuses et des chanteurs de soul déjà bien installés s’y essayent, bientôt suivis de nouveaux arrivants. À la fin des années 1970, presque tous les interprètes de soul se sont mis au disco et certains arrivent à combiner les deux styles sans perdre leur identité. C’est dans tous les cas une fusion qui ne manque ni d’intérêt ni de personnalité, particulièrement chez Philadelphia International Records, la maison de disques qui, en enracinant le disco dans le R&B, est celle par laquelle tout a commencé. L’autre label de disques qui a peut-être le mieux réussi cette fusion est la Motown, malgré un succès guère plus qu’épisodique, au gré des stars et des disques.

Le disco est alors la musique de masse, vilipendée par les amateurs de rock et les Noirs fans de R&B «purs et durs». C’est aussi une musique de défoulement en cette période de crise de l’énergie et de morosité, dans les pays occidentaux qui remmettent en question tout leur système de valeurs. Cette musique reste cependant dans la ligne de la contestation des années 1970, sous un couvert superficiel qu’elle revendique. Ses thèmes favoris sont la sexualité -beaucoup plus suggestivement exprimée qu’auparavant-et, la vie la nuit. Une des grandes affirmations du disco est l’androgynie dans le style, comme dans les voix, telles les voix pâmées des Bee Gees. Ce sont souvent des personnages au sens du spectacle et de la dérision affirmés, possédant le génie du déguisement et affirmant un mauvais goût voyant très assumé, depuis Amii Stewart pharaonne emplumée à Village People et ses multiples caricatures du macho nord-américain en passant par Donna Summer alanguie sur un croissant de lune et les femmes du groupe Boney M en lingerie sexy, ou enchaînées à un macho triomphant, créatures des ondes aux pieds de Neptune ou prêtes légèrement vêtues à un voyage spatial, sans parler des mystiques Earth Wind & Fire aux pattes d’éléphant dorées sur fond d’Égypte passée à l’ordinateur, de Cerrone et de son mannequin nu sur un réfrigérateur ou des nombreuses poitrines velues des divers interprètes exhibées fièrement. Cette joyeuse exubérance s’oppose alors à un rock morose. Le disco est aussi l’occasion pour le monde non anglophone de faire irruption sur le marché avec des productions à succès: l’Italie (Peter Jacques Band, Revanche, Macho..), la France (Théo Vaness, Santa Esmeralda, Sheila B. Devotion, Patrick Juvet, Cerrone..), l’Allemagne (Donna Summer, Claudja Barry, Eruption, Boney M…), mais aussi le Bénélux (Patrick Hernandez, Luv…) et d’autres encore comme le Québec (France Joli, MTL Express..). Certains vont même de pays en pays comme Amii Stewart qui va du Royaume-Uni à l’Italie en passant par la France. Le succès du disco sera tel que même des rockers comme les Rolling Stones avec «Miss you» ou Rod Stewart avec son fameux «Da ya think I’m sexy» toucheront à ce rythme, considéré par leurs fans comme «le grand Satan».

À noter le rôle non-négligeable que joueront les Européens dans cette musique comme Cerrone, le réalisateur artitisque Giorgio Moroder (réalisateur artitisque de Donna Summer entre autres), Jacques Morali et Henri Belolo (réalisateurs artitisques des Village People) ou Frank Farian (réalisateur artitisque de Boney M). Des artistes francophones (à l’origine) tels que Patrick Hernandez et Patrick Juvet connaitront un succès international.

Chronologiquement, c’est un type de musique qui s’étend environ de la première crise du pétrole à l’apparition du sida. le genre diminua autant pour des causes internes qu’externes. Tout d’abord l’offre sur le marché devint telle que l’on arriva à saturation, avec en plus une répétition abusive des artifices propres à cette musique: 1979 marque ici le sommet -tout le monde ou presque veut faire du disco- mais aussi commencement de la fin. C’est l’apogée de campagnes anti-disco («disco sucks») comme l’autodafé du 12 juillet 1979 au Comiskey Park de Chicago ayant dégénéré en émeute, revanche des États-Unis contre les gays, les femmes et les noirs dont le rôle était essentiel dans le disco. Il y eut aussi de la part de certains interprètes des disques s’éloignant du canevas originel : 1979 est l’année de Bad girls de Donna Summer, un lp louchant vers un son plus rock, ou de «No more tears», duo très variété internationale qu’elle fit avec Barbra Streisand. C’est aussi l’année où Michael Jackson reçoit son premier disque d’or, le 29 novembre, grâce au hit «Don’t stop’til ya get enough», qui tout en restant très disco est novateur. Et enfin c’est le moment où la Motown, qui avait en gros raté le train du disco (malgré quelques gros hits comme «Love hangover» de Diana Ross et «Don’t leave me this way» de Thelma Houston en 1976 ou «Heaven must have sent you» de Bonnie Pointer en 1979), se réveille avec entre autres une Diana Ross qui lance «Upside down» en 1980, numéro 1 n’ayant rien à voir avec les années 1970. Les causes externes de désaffection partielle du public sont la nouvelle morale reaganienne, le baisse d’audience des discothèques et l’apparition du sida. Une autre cause est le changement psychologique de décennie qui a entraîné un renouvellement des formules de certaines radios. Elles étaient en cela encouragées par les compagnies qui, déçues par la baisse de leurs profits en 1979, avaient réduit leurs investissements en matière de disco.

Bien que le Disco soit déclaré mort en 1980 dans toute la presse américaine (« Disco is dead »), le genre évoluera vers la Hi-NRG (prédominance des synthétiseurs, du nom d’une chanson d’Evelyn Thomas de 1983) dans les années 1980, puis vers la House (version entièrement électronique). Il influencera également l’électro-pop du début des années 1980 (Human League, New Order, Bronski Beat) avec un mélange de disco pour le rythme et de new wave pour l’ambiance. Le disco influencera surtout toute la musique dance, techno et electro, mais aussi tout le Hip-Hop et le funk des années 1980.

À partir de 1987 le funk est remplacé par la «house music», relecture du disco, qui entraînera une redécouverte de la musique de danse des années 1970. Cette redécouverte a été aidée par un phénomène purement commercial qui est la réédition des titres disco en disque compact, sous forme d’albums ou de compilations. Accompagnée de «megamixes», pots-pourris remixés, elle fera la fortune de Boney M ou des Village People qui refont surface en 1988-1989. Le disco apparaît alors en cette fin des années 1980 -et plus encore lors de la décennie suivante- comme la musique d’un âge d’or convivial sans sida ni synthétiseurs envahissants. Certaines chanteuses comme Loleatta Holloway auront même plus de succès dans les années 1980-90 qu’elle n’en avaient eu auparavant, stimulées par la mode du remix, multiplication à l’infini de pseudo-nouvelles versions de leurs hits. Le remix, phénomène apparu timidement vers 1982-1984, plus largement vers 1986-1987, devient même la composante essentielle du marché de la musique de danse. On remarque aussi l’apparition de «nouvelles chansons» qui ne sont que des reliquats plus ou moins retravaillés d’anciens titres (phénomène de l’échantillonage, le «sampling», dont le précurseur est le rap «Rapper’s delight» de 1979). Au remix et à l’échantillonage devenus rois s’ajoutent les reprises faites par les chanteurs d’origine : Gloria Gaynor rechante «I will survive», Thelma Houston «Don’t leave me this way» et les Sister Sledge «We are family», «Lost in music» et «He’s the greatest dancer». Les reprises sont aussi un gage de succès pour un inconnu : Jimmy Somerville doit beaucoup à «I feel love», «Don’t leave me this way», «Never can say goodbye» et «You make me feel», Take That à «Could it be magic», «Relight my fire» et «How deep is your love», Kym Mazelle à «Was that all it was» et «Young hearts run free». Une judicieuse reprise peut même revitaliser une carrière, comme l’a fait Diana Ross avec «I will survive». Pour le public, c’est une bouffée d’air frais. Celui-ci en redemende encore et encore.

Les années 2000 marqueront le renouveau du genre avec un regain d’intérêt d’un partie de la population pour la musique des années 1980 en général. Certains parlent même de la « renaissance » du disco. Cela pousse les maisons de disques à refaire des compilations et même des remixs des plus grand tubes du genre mais aussi des morceaux moins connus. De nouveau genres disco apparaissent au XXIème siecle, comme le Disco Electro, le Disco House ou encore le Disco Loft.

De nos jours, le genre disco est toujours très apprécié des nostalgiques des années 1980, mais aussi par la nouvelle génération. Les tubes disco sont remixés par les DJs lors des soirées Night Fever, et sont diffusés en discothèque et sur de nombreuses radios le vendredi et le samedi soir. source wikipédia

La Soul

La soul (« âme » en anglais) est une musique populaire afro-américaine née à la fin des années 1950 et dérivée du gospel et du blues. Elle est considérée par certains comme un retour du rhythm and blues aux racines dont il est issu : le gospel (musique d’église).Le terme soul apparaît pour la première fois dans les titres de deux albums de Ray Charles en 1961. Le développement de la soul music a été stimulé par deux tendances principales : l’urbanisation du rhythm and blues et la sécularisation du gospel. Des artistes comme Ray Charles, Sam Cooke, Otis Redding ont mélangé leur passion pour le gospel avec les rythmes saccadés du rhythm and blues pour donner naissance à la soul. On retrouve donc dans la soul une partie de l’émotion sacrée mêlée à des thèmes profanes, souvent à forte connotation sexuelle.

À la fin des années 1950, la volonté de proposer au public blanc des artistes noirs originaux conduit plusieurs labels à rechercher des versions commercialisables de la musique noire. Les deux labels les plus influents sont alors Stax (près de Memphis) et la Tamla Motown à Detroit. On les oppose souvent et l’on parle alors de southern soul (Stax) plus proche des racines et de northern soul, plus dansante et plus influencée par la pop. De même en terme de management, Motown ( dont le slogan « la musique de la jeune Amérique » épouse les volontés d’émancipation de l’époque ) est le premier label fondé et dirigé par un noir américain, le redoutable Berry Gordy. À l’inverse Stax est fondé par un blanc Jim Stewart, et nombre de ses plus fameux musiciens de séance sont blancs eux aussi (Steve Cropper, Duck Dunn, Tom Dowd…).

La soul explose véritablement dans les années 1960. Alors que dans un style plus classique s’impose le son du studio Muscle Shoals de Dan Penn et Spooner Oldham ( Aretha Franklin, Etta James, Wilson Pickett…), James Brown (« The Godfather of Soul ») et Curtis Mayfield introduisent des rythmes plus syncopés et donnent alors une nouvelle orientation à cette musique . C’est la création du funk, un style inséparable de la soul, qui atteindra son apogée dans les années 1970-1980 avec des groupes comme The JB’s (les musiciens de James Brown), Sly and the Family Stone, Tower of Power, suivis par Bootsy Collins et George Clinton avec leurs formations déjantées (Parliament et Funkadelic : le P-Funk ! Un son beaucoup plus axé sur les basses et les « beats » : les prémisses de la nu soul ?).

En 1966, les latinos de New York inventent la latin soul, également appelée boogaloo.

Durant les années 1970, de très bons disques sont produits et deviendront des classiques du genre (notamment le fameux What’s going on de Marvin Gaye et Songs In The Key Of Life de Stevie Wonder), mais la soul décline dans la seconde partie de la décennie, les ventes de disque étant alors dominées par le disco.

À la fin des années 1970 et au début des années 1980, de nouveaux artistes renouvellent le genre, à l’image de Michael Jackson avec Off the Wall, Barry White ou Luther Vandross. Ils popularisent définitivement la soul.

Un peu plus tard, le rap en samplant allègrement les standards des années 60 et 70 contribuera à une nouvelle popularité de la soul music. Certains groupes iront plus loin et fusionneront soul et rap pour donner naissance au new jack swing, devenu R&B/Hip-Hop, puis enfin à la nu soul dans la seconde partie des années 90 (fusion d’instrumentations organiques mais typées hip-hop et de textes et vocalises toujours dans l’esprit soul). D’Angelo, Erykah Badu, Maxwell et Omar, seraient à l’origine de ce mouvement.

Très écoutée en Jamaïque, elle influence beaucoup le rocksteady et le reggae qui sont des formes exotiques de la soul music. source wikipédia-

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